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vendredi 31 janvier 2014

Michèle Kahn - Moi, reine de Saba

  • 240 pages
  • Editeur : Bibliophane (10 février 2004)
  • Il était une fois - il y a trois mille ans - une reine noire et belle, la reine de Saba, qui rendit visite à Salomon, roi d¹Israël. Elle vint avec une suite considérable, avec des chameaux chargés d¹or, d¹aromates, de pierres précieuses, d¹encens et de perles. Allant vers le souverain "le plus sage et le plus puissant de la terre",elle allait aussi vers l´amour et vers la foi en un Dieu unique.
    Au soir de sa vie, Salomon a perdu ses illusions: "vanité des vanités, tout est vanité", mais son émotion est toujours aussi vive au souvenir de la reine Balkis, sa soeur,son égale.

  • Etait-il vraiment possible à une femme de gouverner un pays ? 
  • Etait-il vraiment possible à une femme de commander à un chef des armées ? 
  • Etait-il vraiment possible à une femme d exercer la plus haute fonction sacerdotale ? 
  • Etait-il vraiment possible à une femme de rendre la justice ? Salomon baignait dans la perplexité. 
  • Artistes et poètes de tous les temps ont nourri la légende de la reine de Saba. A son tour, Michèle Kahn se laisse envoûter et nous conte comment, venue faire allégeance au roi " le plus sage et le plus puissant de la terre ", Balkis rencontre le Dieu unique. Guidée par Salomon, elle éclot à une nouvelle existence de femme et de souveraine accomplie. Bien des années plus tard, le roi d'Israël détrôné ressuscite pour nous l'image de la fière reine noire dont la beauté et le caractère firent vaciller sa raison, mais qu'il sut conduire sur le chemin de la sagesse.
  • illustration : 

    Bas-reliefs sabéens temple de Saba Mahram Bilqîs

  •  lecture de janvier 2014
  • Chère Michèle Kahn,
  • Grand merci de m'avoir offert ce livre si gentiment dédicacé. Je l'ai lu avec grand plaisir comme la plupart de vos autres livres. J'ai aimé la façon dont vous avez abordé l'histoire légendaire de cette magnifique reine par le biais d'un Salomon vieillissant et dans la misère. 
Bien entendu, un peu parasité au début par les souvenirs du film de King Vidor... et les livres de Aliette Amel et Marek Halter. Mais votre texte se détache vraiment par son originalité. Bref, encore un très heureux moment de lecture.

J'ai également sur une étagère :  Cacao... et oui, j'ai craqué une fois de plus ! J'essaie de faire durer le plaisir de l'attente, mais je doute fort que le mois de février s'achève sans que je mette le nez dedans... d'autant plus qu'en mars doit arriver La clandestine du voyage de bougainville.

Me voilà bien partie pour lire l'intégrale de votre oeuvre, chère auteur.
Amicalement votre,

 Aliette Armel - Le Voyage de Bilqîs - Dans la petite cour d'un palais au coeur du désert, une reine de seize ans s'interroge sur le pouvoir et l'amour. 
  • Dans une demeure de Borgo, en Italie du Nord, Silvia cherche à garder auprès d'elle son mari, Piero Della Francesca, peintre célèbre. Son confesseur lui a suggéré un stratagème: captiver Piero par un récit qui suscite son désir de peindre et le maintienne à l'atelier. 
  • La jeune femme invente ainsi jour après jour, une version inédite de l'histoire de la reine de Saba. Le roman fait alterner le récit de Silvia sur les traces du voyage vers Jérusalem de Bilqîs, la reine de Saba, et la chronique de la vie quotidienne de Piero et de Silvia, en pleine renaissance italienne. Dans le désert, la reine de Saba découvre des cités oubliées aux sagesses ancestrales. A Borgo, Piero et Silvia se retrouvent pas à pas malgré la peste qui fait rage. Et c'est ainsi que, peu à peu, les mots de Silvia inspirent à Piero le visage inoubliable de la reine de Saba et les fresques de l'église d'Arezzo.
  •  Marek Halter - La Reine de Saba - Elle était noire. Elle était belle. Elle subjuguait par son esprit. Guerrière, elle imposa la paix, neuf siècles avant notre ère, sur le fabuleux royaume de Saba, pays d'or et d'encens. Sa plus belle bataille fut celle de l'amour et de l'intelligence : elle défia le roi Salomon au jeu des énigmes. Vaincue, elle se donna à lui pour trois nuits inoubliables que le Cantique des cantiques inscrira pour l'éternité dans la mémoire amoureuse de l'Occident. L'histoire dit que Makéda, reine de Saba, et Salomon, roi de Juda et d'Israël, eurent un fils, Ménélik, premier d'une longue lignée de rois africains.
    Marek Halter, s'appuyant sur les dernières fouilles archéologiques, fait revivre dans ces pages une reine d'une dimension et d'une modernité inattendues.
  •  La reine de Saba est un personnage qui aurait régné sur le royaume de Saba, situé au Yémen ou Érythrée/Éthiopie, cité dans plusieurs récits.
    Toutes les sources ne racontent pas les mêmes anecdotes ni les mêmes détails de la rencontre entre la reine et le roi Salomon à Jérusalem. La reine est, dans tous les cas, décrite comme une femme sublime et considérée comme un personnage d'une profonde sagesse et d'une haute intelligence.
  •  il existe une tribu de Juifs éthiopiens, appelée Falashas, qui est parfois considérée comme celle des descendants de Salomon et de la reine de Saba, bien qu'eux-mêmes réfutent cette thèse.
  • Le jugement de Salomon Gravure du XIXe siècle de Gustave DoréSalomon (en araméen/arabe : Soleyman), fils de David et de Bethsabée, est un roi d'Israël selon la Bible hébraïque (de 970 à 931 av. J.-C. selon la chronologie biblique usuelle) et un prophète et un roi selon le Coran. Sa sagesse et sa justice firent de lui le roi le plus sage et juste de l'Ancien Testament. Il fait construire le premier Temple de Jérusalem, dit Temple de Salomon. Sa naissance est mentionnée dans le Deuxième livre de Samuel, puis son règne est raconté dans le Premier livre des Rois.

 déjà lus :
 2003 : Cacao, l'histoire du chocolat au travers du procès qui s'est déroulé à la fin du xviiie siècle à Bayonne, éditions Bibliophane-Daniel Radford. Prix Cœur de la France 2003 .

livre en cours envie de lire :
DrapeauYémen, DrapeauL'Érythrée, DrapeauL'Éthiopie,
DrapeauRoyaume d'Israël

mardi 28 janvier 2014

Michèle Kahn - Le Shnorrer de la rue des Rosiers

 250 pages

Le hasard met en présence Stanislaw le Schnorrer, une figure pittoresque de la rue des Rosiers, et le très riche Stanislaw, tous deux juifs polonais. Semaine après semaine, le puissant fait le récit de sa vie au mendiant : il raconte ses cinq années de martyre, l'intolérable, la torture, l'horreur de la barbarie nazie. Une histoire vraie qui rend hommage à tous ceux, trop nombreux, qui n'ont pas survécu.

Le Shnorrer de la rue des Rosiers est un livre humble. Par son personnage, puisque le Shnorrer, en yiddish, c’est le mendiant "professionnel" et le rôle qu’il joue dans la communauté. Mais c’est la posture de Michèle Kahn qui définit aussi cette humilité : on vous confie un récit, et votre tâche est de rendre collectif ce récit, collective la mémoire de ce récit.
Les ghettos juifs dans les capitales d’Europe avant la seconde guerre mondiale, l’irruption de la catastrophe, la façon dont on résiste et s’organise dans l’extrême devenu quotidien, et la mort une mécanique. Nous connaissons ces figures, parce que nous avons déjà lu des témoignages et des récits sur l’univers concentrationnaire. Mais chaque récit en rejoue en entier la condition, la question sans réponse.
Humble, enfin, par cette rue des Rosiers : on la connaît bien, à Paris. Les derniers survivants s’éteignent progressivement. C’est à nous désormais de tenir parole, leur tenir parole. Le génocide nazi pourrait sembler un événement loin de notre présent, loin de notre espace : le Shnorrer vient nous dire que c’est ici, maintenant, que c’est l’autre devant vous.
Alors oui, continuer d’accueillir, lire et faire lire. - publiepapier

 1ère lecture de janvier 2014
 excellent - je commence donc mon année avec l'un de mes auteurs préférés... Michèle Kahn. Une magnifique conteuse aux histoires envoûtantes. Ce livre n'échappe pas au coup de coeur habituel.

Une histoire puissante, ou le pauvre shnorrer, un peu égoïste prend de l'ampleur, se rempli en quelque sorte, au fur et à mesure du récit jusqu'à se transformer en passeur de mémoire.

Un live que j'aurai sans doute plaisir à relire.

Alors que le Shnorrer déambule dans la rue des Rosiers en quête d'un petit travail ou d'une piécette, le boulanger l'envoie livrer des gâteaux rue du Roi-doré chez Stan Marin, un très riche maroquinier. En découvrant que ce personnage porte le même prénom que lui, le Shnorrer est pris d'une rage froide : " Dire que, tel un chien galeux, il se traînait dans les rues, du matin au soir, par n'importe quel temps pendant qu'un autre Stanislaw, ici, vivait heureux comme un ver dans un raifort. 

Le maroquinier, qui a entendu ses gémissements, l'invite à partager le dîner qu'il offre à ses amis, lui glisse des billets dans la poche et lui demande de revenir le jeudi suivant. Sept jeudis de suite, il lui contera son passé.

  Il a vingt ans et habite à Lodz en Pologne lorsque la guerre éclate. Arrêté, il est envoyé à Dachau, puis dans d'autres camps. Pendant cinq ans, il connaîtra le pire : coups, humiliations, froid, faim, omniprésence de la mort, barbarie et sadisme des officiers SS qui obligent un détenu à engloutir des litres de soupe jusqu'à ce qu'il meure d'indigestion sous les yeux de ses camarades qui meurent de faim. 

Stan Marin a accompli son devoir de témoin, tandis que le Shnorrer, désormais investi d'une mission - transmettre à son tour -, porte un regard neuf sur lui-même et sur le monde.

note : La rue des Rosiers est une rue du centre de Paris, qui parcourt une partie du 4e arrondissement sur 303 mètres de long d'est en ouest, dans lequartier Saint-Gervais, en partie sud du Marais.

Extrait : 1, Paris, rue du Roi-doré

D’un bout à l’autre de la rue des Rosiers, on repérait Stanislaw le Shnorrer1 à sa démarche traînante, à la petite valise de cuir râpé qui ballottait au bout de sa main.
Personne n’aurait su donner d’âge à cet homme corpulent. Un grand manteau de drap noir fatigué, lustré, battait ses chevilles. Un halo gris et broussailleux, barbe et cheveux mêlés, encadrait son visage bouffi. Un feutre trop étroit, autrefois gris clair, était posé de guingois sur sa tête tel un chapeau de clown, mais le sérieux de ses petits yeux, derrière les épaisses lunettes de myope, interdisait toute moquerie.
En ce jour de mai 1985, l’homme entra dans la librairie Bibliophane, posa sa valise sur le comptoir et siffla entre ses dents :
– Kippoth ? Mezouzoth ? Tefillin ?
– Pas aujourd’hui, répondit le libraire en piochant d’un geste machinal dans le tiroir-caisse. Il m’en reste encore.
Le Shnorrer referma la main sur une pièce de cinq francs, marmonna une bénédiction rapide et quitta la boutique.
La rue était animée. En ce jeudi après-midi, on débarquait déjà de tout Paris et de la proche banlieue pour faire son marché du Shabbat. De petits groupes d’hommes – chemises blanches, costumes et chapeaux sombres –, discutaient avec fougue, empiétant sur la chaussée sans se soucier de la circulation, tandis que les femmes se débattaient avec les cabas.
Le Shnorrer dérapa sur une patte de poulet. Rageur, il l’envoya balader dans le caniveau, et se fraya un chemin jusqu’à la boucherie. Écartant le rideau de perles, il passa la tête dans le magasin rouge. « Trop de monde», maugréa-t-il, et il repartit en ruminant des pensées acerbes. Pas un client facile, le boucher ! Il l’obligeait à faire la queue comme un vulgaire acheteur. Ah ! si tous les commerçants pouvaient suivre l’exemple du libraire. Un brave homme, celui-là ! Qu’il vive jusqu’à cent vingt ans ! Suffit d’entr’ouvrir la porte de sa boutique et le grand maigre sort une pièce de sa caisse. Sans bavardage inutile.
Au coin de la rue des Écouffes, il tomba sur Zita, la mendiante assise sur son pliant, une parente de sa femme. Enveloppée dans des châles, elle serrait contre elle le dernier bébé de sa fille. - chapitres.actualitte.

livre en cours romans :
jaune : en attente dans ma pal
violet : lus
orange : envie de les lire.


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