dimanche 5 octobre 2014

Antoine Volodine reçoit le Prix de la Page 111

Le Prix de la Page 111, récompense créée en 2011 par l'équipe de l'émission littéraire « Nova Book Box » de Richard Gaitet, est un prix un peu spécial. Il couronne un livre de la rentrée littéraire sur sa seule page 111, ce qui facilite, et en même temps complique, le travail des jurés. Antoine Volodine a gagné un agrandissement de sa page, une résidence permanente tout au long de l'année dans l'émission, ainsi que 111 bisous.

Prix de la Page 111 2013

Volodine publie en cette rentrée Terminus Radieux chez Seuil, et les jurés ont gagné au change : une page, la 111, sur 620, cela ne se refuse pas. Le livre d'Antoine Volodine a été salué pour la construction parfaite de cette seule page 111. 40 % des pages 111 lues en cette rentrée littéraire étaient écrites au passé, 59 % au présent, et une seule au futur, croient bon de préciser les jurés.

« Mystère, action, récit qui s'accélère, du suspens jusqu'au cliffhanger final, mais cela va au-delà de ça. [...] Ce qui fait un bon scénario, ce qui créé la tension dramatique, c'est le déséquilibre. Vous aurez noté en milieu de page cette métonymie subliminale, ce déséquilibre qui met l'histoire en marche, et le personnage au même moment perd l'équilibre. En terme de construction, c'est brillant », commente le jury dans l'émission.

Pour le reste de l'histoire, voici le résumé de l'éditeur : 
Taïga sombre et immense, steppes infinies... La scène se passe d'abord après l'irradiation complète de la Sibérie et l'écroulement de la Deuxième Union soviétique, puis des siècles plus tard. La région, dévastée par des accidents nucléaires, est à jamais inhabitable. Entourés de paysages grandioses, des soldats fantômes, des morts vivants et d'inquiétantes princesses s'obstinent à poursuivre le rêve soviétique. Désormais le centre du monde a un nom, Terminus radieux, un kolkhoze dont la pile atomique s'est enfoncée sous terre. Solovieï, le président du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance : vie et mort, amour éternel, renaissance. Assisté par l'immortelle Mémé Oudgoul, il règne en maître sur le destin des hommes et des femmes qui ont atterri là. Non loin du kolkhoze passe une voie ferrée où circule un unique convoi, toujours le même. Prisonniers et militaires cherchent en vain le camp où leur errance prendra fin. Mais, là encore, Solovieï ordonne l'histoire. Il leur faudra attendre des milliers d'années pour que s'éteigne sa présence dans leur cauchemar.

Nobel de littérature 2014 : l'Afrique pressentie, Kundera seul Français

Alors qu'on célèbre le 50e anniversaire du refus historique, par Jean-Paul Sartre, du prix Nobel de littérature, les bookmakers s'enflamment alors que la semaine prochaine, les prix seront remis. Depuis des semaines, tout le monde tente sa chance, de droite et de gauche, pour tenter de savoir qui sera le lauréat 2014, et heureux bénéficiaire des 880.000 euros qui récompenseront l'auteur(e). 

Les noms sont connus, on retrouve régulièrement les mêmes : Haruki Murakami, Joyce Carol Oates, ou encore Philip Roth (en dépit de sa retraite), Salman Rushdie et d'autres, encore. Et cette année, encore, le romancier japonais, qui a publié en septembre son dernier roman chez Belfond, fait partie des grands favoris, pour ne pas dire LE favori. 

Pourtant, la critique littéraire Elise Karlsson, citée par l'AFP, estime qu'il « manque à ses oeuvres ce supplément de profondeur », qui font les grands vainqueurs. Les parieurs seraient donc unanimes, mais les journalistes spécialisés n'auraient pas tous la même vision du monde. Cela dit, un manque de profondeur chez Murakami, quand le Chinois Mo Yan a été récompensé l'an passé, cela prête à sourire.

Dans le même temps, on constate, soudainement, que seuls quatre Africains ont été primés depuis 1901, aussi quelques écrivains d'origine africaine suscitent l'intérêt. Actuellement, chez Nice Rodds, site de paris qui rassemble les pronostics de plusieurs autres, Murakami remporte l'adhésion globale. 

Le seul français que la liste contienne est... Milan Kundera, ce qui ne devrait pas déplaire aux éditions Gallimard, bien entendu. L'écrivain, originaire de Tchécoslovaquie a été nationalisé le 1er juillet 1981 – année de la loi Lang : selon certains astrologues que nous avons pu solliciter, avec Mars dans Neptune, ça devrait marcher...


Reste qu'en regard des lauréats de ces dernières années, ce n'est généralement pas une figure médiatique qui émerge de l'Académie suédoise, laquelle doit se prononcer jeudi pour la littérature.  - actualitte

La première sélection du Prix Interallié 2014 est dévoilée

 La seconde sélection viendra le 29 octobre, annonce tout de go le Prix Interallié, mais savourons donc un instant la première. Quatorze romans de la rentrée, avec bien entendu quelques noms déjà vus ailleurs, mais dans l'ensemble, pas vraiment des romanciers/ières à qui la rentrée n'avait pas accordé de place. De Foenkinos à Adrien Bosc, en passant par Joncour, ou Reinhardt, on retrouve les petits chouchous de la presse. 

Philippe Tesson, président de l'édition 2013, se défendait l'an passé de tout sexisme, pour l'Interallié, mais avec trois romancières uniquement, il sera encore difficile de ne pas pointer l'univers mâle de cette récompense. « La femme est considérée comme un élément étranger à l'esprit du prix du fait de sa délicatesse, de la priorité qu'elle donne au cœur... On en est encore là, vous savez », expliquait-il à ActuaLitté. 

Dans tous les cas, les délibérations seront accompagnées de libations, promis – « Nous sommes un jury qui aime boire : l'alcool joue un rôle dans nos relations, et certaines discussions se terminent en claquement de portes... » 

Eh bien, avant de boire, il faudra lire, à moins que ce ne soit l'inverse. L'an passé, c'est le roman de Nelly Alard, Moment d'un couple, qui fut récompensé. Quant à la liste, la voici : 

Christian Authier, Le Soldat d'Allah, Grasset
Adrien Bosc, Constellation, Stock
Christophe Donner, Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, Grasset
Pauline Dreyfus, Ce sont des choses qui arrivent, Grasset
Nicolas d'Estienne d'Orves, La Dévoration, Albin Michel
David Foenkinos, Charlotte, Gallimard
Simonetta Greggio, Les Nouveaux Monstres, Stock
Stéphane Guibourgé, Les Fils de rien, les princes, les humiliés, Fayard
Serge Joncour, L'Ecrivain national, Flammarion
Mathias Menegoz, Karpathia, POL
Jean-Marc Parisis, Les Inoubliables, Flammarion
Eric Reinhardt, L'Amour et les forêts, Gallimard
Romain Slocombe, Avis à mon exécuteur, Robert Laffont -  excellent

Minh Tran Huy, Le Voyageur malgré lui, Flammarion (et pas Min Tran Hui, comme on peut le trouver ailleurs)

mardi 30 septembre 2014

Romain Slocombe - Avis à mon exécuteur (Rentrée Littéraire 2014)

 504 pages  -   excellent
Laffont - Parution : 21 Août 2014

" Si on me trouve suicidé, c'est que j'aurai été assassiné. " Victor Krebnitsky Lundi 10 février 1941, Washington, hôtel Bellevue. Un client de passage est retrouvé mort d'une balle dans la tête, une arme près de lui. La police conclut au suicide. Nul ne sait encore que l'inconnu a été l'un des plus importants agents du renseignement de l'URSS... 
En 1936, Victor Krebnitsky poursuit son rêve de révolution mondiale quand il découvre l'emprise stalinienne sur la guerre d' Espagne. Malgré lui, il participe à l'élimination d'un transfuge soviétique, mais il est trop tard pour quitter les rangs ; l'époque est au soupçon général. Tandis qu'à Moscou les fonctionnaires du NKVD se défenestrent pour échapper aux purges, Victor doit gagner Paris et honorer une effroyable mission visant son meilleur ami. 
En dépit des menaces qui pèsent sur sa propre famille, il refuse de commettre l'impensable. Condamné dès lors à une exécution officieuse, contraint à une éternelle fuite en avant, il ne peut plus compter que sur sa ruse et... sur une arme au pouvoir dévastateur : le document secret prouvant la trahison et le " grand mensonge " de Staline. S'en servir signifie la mort. Ou la dernière chance qu' aura Victor de sauver la femme qu'il aime et leur petit garçon.
 lecture de septembre 2014
 excellent - un roman passionnant, qui glace d'effroi devant la Russie de Staline et l'obéissance aveugle des agents qui l'ont servie. 
Difficile de comparer ce livre à un autre, mais dans cette période et sur un sujet proche, je ne vois que Simon Sebag Montefiore, et son roman Sashenka.

 je manque de temps pour des commentaires plus fournis... trop occupée par les poblèmes de santé de mon fils... c'est pourquoi je vous renvoie vers un autre blog dont je trouve l'avis pertinent.
voir l'avisle blog du polar

Citation


Nous entrâmes dans la révolution bolchevique comme des jeunes filles dans le mois de mai [...] Elle exigeait de nous le sacrifice de nos facultés critiques, la mise au rebut des critères moraux que nous avaient enseignés nos parents et nos professeurs. Pour une telle cause on avait le droit de voler et de tuer. La révolution valait aussi que l'on mourût pour elle.

Romain Slocombe s'est inspiré de la vie du général Krivitsky pour son personnage ; Krivitsky était aussi l'ami d'enfance et de combat de Nathan Poretski, alias Ignace Reiss, alias Ludwig. Ludwig, nous allons le retrouver dans le livre de Romain Slocombe, et sous ses "vrais" traits, oserai-je dire, puisque l'auteur y reproduit la lettre bien réelle qu'il adressa au Comité central du PC soviétique pour dénoncer avant l'heure le stalinisme et réaffirmer cependant sa foi dans la cause de la Quatrième Internationale ouvrière. 
Nathan Poretsky comme Krebnitsky ont été dans leur jeunesse des militants sincères et dévoués ; leur engagement, ils le doivent à ce formidable coup de tonnerre que fut la Révolution de 1917 : pour eux, la prise du pouvoir par les bolcheviques "était la réponse absolue à tous les problèmes de pauvreté, d'inégalité et d'injustice". À réponse absolue, engagement sans failles.
Et c'est ainsi que Krebnitsky, des années 1920 aux années 1930, va devenir le parfait modèle du tchékiste croyant travailler pour la révolution mondiale, mais en réalité instrumentalisé pour défendre les intérêts de l'Union soviétique. Seulement, ses yeux vont se déciller peu à peu, en particulier pendant la guerre d'Espagne, quand il va voir que les agents du NKVD sont surtout là pour régler leur compte aux activistes du POUM et des anarchistes plutôt que pour faire la guerre aux fascistes. 
De même, à Paris, l'espionnage soviétique se sert des cercles russes blancs pour faire assassiner d'honorables militants du parti. Il y a aussi des cliniques bizarres à cet époque-là, tenues par des russes, truffées de micros et employant d'aimables praticiens qui n'hésiteront pas à assassiner Lev Sedov, le fils de Trotski, avec des méthodes que n'auraient pas renié les empoisonneuses du Grand Siècle. 
Il est aussi question dans ce roman d'un singulier dossier : celui de l'Okranna, l'ancienne police de l'Empire, et qui désignerait Staline dès 1906 comme un agent provocateur au service de la police du tsar. 
Ce dossier est un des fils rouges du livre, mais il y en a d'autres, tant d'autres... Par moments, et c'est volontaire, le livre ressemble à un sombre roman de gangsters avec ses individus suspects en chapeaux mous, ses chambres d'hôtel percluses d'angoisse, ses gares et ses ports maritimes d'où on ne revient jamais. Eh oui, c'était ça, le NKVD ! Une organisation criminelle parée des habits rouges de la Révolution. Une bande de mafieux aux ordres d'un ténébreux moustachu qui se faisait appeler l'homme d'acier... k-libre




  • 1983 : Phuong-Dinh Express, illustrations de Slocombe, éditions Les Humanoïdes Associés, Paris, 
  • 2000 : Asako's highway, nouvelle, éditions Michel Baverey, Paris, 32 pages,
  • 2000 : Un été japonais (tétralogie La Crucifixion en jaune, No 1), Gallimard, Paris, 
  • 2001 : Brume de printemps (tétralogie La Crucifixion en jaune, No 2), Gallimard, Paris,
  • 2002 : Route 40, nouvelle, éditions Le Monde/Gallimard, 15 pages
  • 2002 : Saké des brumes (collection Le Poulpe No 245), éditions Le Seuil/Baleine, Paris,
  • 2003 : Averse d’automne (tétralogie La Crucifixion en jaune, No 3), éditions Gallimard, Paris,
  • 2004 : La Japonaise de St John’s Wood, photographies de Slocombe, éditions Zulma, Paris,
  • 2004 : Nao, éditions PUF, Paris,
  • 2005 : Refuge, nouvelle, dans le recueil Le Noir dans le blanc, éditions Autres Temps
  • 2006 : Regrets d’hiver (tétralogie La Crucifixion en jaune, No 4), éditions Fayard, Paris, 
  • 2007 : Envoyez la fracture "Suite noire" n° 13
  • 2008 : Qui se souvient de Paula ?
  • 2008 : Mortelle résidence, Éditions du Masque,
  • 2009 : Christelle corrigée, Éditions du Serpent à plumes,
  • 2009 : L’Infante du rock, Éditions Parigramme,
  • 2011 : Monsieur le Commandant, collection « Les Affranchis (collection) », NiL, prix Nice Baie des Anges 2012,
  • 2012 : Shanghai Connexion, Éditions Fayard, 
  • très bien 2013 : Portail du polarPremière station avant l’abattoir, Éditions du Seuil (Prix Mystère de la Critique 2014) (Prix Arsène Lupin du meilleur roman policier 2014)
  • 2014 : Avis à mon exécuteur, Éditions Robert laffont,
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France
Etats Unis
Russie

mardi 23 septembre 2014




Le but est donc de lire des livres soit écrits pas des auteurs africains, soit se déroulant entièrement ou en partie en Afrique.
Tous les styles sont bien entendus acceptés.
Ce challenge est en illimité et est rétroactif.

lundi 22 septembre 2014

c'est lundi, que lisez-vous ?

Les lectures du lundi sont répertoriées sur le blog de Galléane.

 J'ai lu :


 excellent - " Si on me trouve suicidé, c'est que j'aurai été assassiné. " Victor Krebnitsky Lundi 10 février 1941, Washington, hôtel Bellevue. Un client de passage est retrouvé mort d'une balle dans la tête, une arme près de lui. La police conclut au suicide. Nul ne sait encore que l'inconnu a été l'un des plus importants agents du renseignement de l'URSS... 
En 1936, Victor Krebnitsky poursuit son rêve de révolution mondiale quand il découvre l'emprise stalinienne sur la guerre d' Espagne. Malgré lui, il participe à l'élimination d'un transfuge soviétique, mais il est trop tard pour quitter les rangs ; l'époque est au soupçon général. Tandis qu'à Moscou les fonctionnaires du NKVD se défenestrent pour échapper aux purges, Victor doit gagner Paris et honorer une effroyable mission visant son meilleur ami. En dépit des menaces qui pèsent sur sa propre famille, il refuse de commettre l'impensable. Condamné dès lors à une exécution officieuse, contraint à une éternelle fuite en avant, il ne peut plus compter que sur sa ruse et... sur une arme au pouvoir dévastateur : le document secret prouvant la trahison et le " grand mensonge " de Staline. S'en servir signifie la mort. Ou la dernière chance qu' aura Victor de sauver la femme qu'il aime et leur petit garçon.

 je lis :


« Le goût du citron glacé envahit le palais de Jacob, affole la mémoire nichée dans ses papilles, il s’interroge encore, comment les autres font-ils pour dormir. Lui n’y arrive pas, malgré l’entraînement qui fait exploser sa poitrine trop pleine d’un air brûlant qu’elle ne parvient pas à réguler, déchire ses muscles raides, rétifs à la perspective de se tendre encore et se tendant quand même. »

Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement.

L’écriture lumineuse de Valérie Zenatti, sa vitalité, son empathie pour ses personnages, donnent à ce roman une densité et une force particulières.

  je lirai :

Aucune idée ! 
Quelques difficultés à lire en ce moment, manque de temps et fatigue. Je pense que je reprendrais un rythme normal dès que mon fils ira mieux et aura regagné ses pénates avec ses chats. 



et vous, que lisez-vous ?